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MAEVIE

Cet article est extrait de l'excellent blog "Vivre ma Mort". Lien a suivre ci-dessous pour trouver de nombreux articles non dénués d'humour: "Aussi bien en rire"

2016, qui l'auraient cru?

Publié par deliriumlapointe le 2 janvier 2016

Publié dans: Nouvel oeil, États d'âme. Tagué : cancer, sarcasme, rire de la mort, nouvel oeil, chum, cancer de la prostate avancé, prostate, vivre ma vie, Saad, humour, bonne année, 2016. Poster un commentaire

Qui l'auraient cru?

Certainement pas mes trois premiers toubibs qui ont eu la chance d’être les premiers à faire connaissance avec mon Alien, mon coloc non désiré. La nouvelle tombe à l’été 2012. Claque sur la gueule… Coup de poignard au cœur… Chute vertigineuse… Les jambes me lâchent… Y’a pas vraiment de mot pour décrire le feeling que tu as quand tu te fais dire qu’il te reste moins d’un an à vivre. Y’en a même un sur les trois qui me dit qu’il ne pense pas que je verrai le prochain Noel… J’avais alors qu’un tout petit 46 ans…

Pas besoin d’entrer dans tous les détails, j’en ai parlé des masses au cours des presque quatre dernières années sur ce blogue, mais ce qui est important, c’est qu’au cours de ses années, je suis arrivé à quelques constats que je vais partager avec vous aujourd’hui.

Premièrement, tout le monde sait que tous les mécaniciens ne sont pas égaux. Ils n’ont pas tous reçu les mêmes formations, ils n’ont pas tous les mêmes expériences de travail, ni même accès aux mêmes équipements et outils. Personne (du moins, je l’espère) ne fait réparer sa voiture sans magasiner son mécano. Et, il en va de même pour tous les corps de métier. Personne n’accepterait de faire bâtir une addition à leur maison ou de faire faire des travaux majeurs de plomberie ou d’électricité sans consulter au moins deux spécialistes (ou plus) pour se faire un choix éclairé. Les sommes d’argent investies sont telles qu’il est judicieux de bien choisir son entrepreneur en fonction de ses compétences et spécialisations, n’est-ce pas?

Ben, c’est pareil pour les médecins qui ne sont pas tous égaux. Ce serait utopique de penser le contraire. Les spécialistes n’ont pas tous autant d’années de services les uns que les autres, donc pas le même bagage d’expériences non plus. Mon premier spécialiste, celui qui a découvert ma bibitte, était jeune et avec le recul, je dois présumer qu’il avait plus d’expérience avec les cancers de type 1 aisément opérable que les cancers avancés comme le mien. Tous les médecins ne peuvent être spécialistes dans tout; mon deuxième avis provenait de mon médecin généraliste de famille qui avait interprété les résultats au mieux de ses connaissances. Mais, en sa défense, je dois dire que puisqu’il était mon généraliste depuis toujours, je voulais absolument son opinion. Finalement, le troisième était un spécialiste avec plusieurs années d’expérience derrière la cravate et il a réussi à m’éclairer sur ma situation, mais il n’avait pas accès aux outils et aux recherches les plus avancées. Malgré son sombre constat, c’est tout de même lui qui m’a recommandé au Centre de Recherche Universitaire de Montréal, au Docteur Saad et son équipe. Quelques mois plus tard, après avoir repassé tous les examens et les tests avec des équipements plus performants et l’aide du centre de recherche, le diagnostic reste le même, MAIS le pronostique change du tout au tout…

Deuxième constat; il en va de la responsabilité de chaque patient de faire cette démarche… de ne pas accepter le premier constat, et ce, même s’il n’est pas aussi grave. Allez toujours chercher une deuxième, troisième et même quatrième opinion s’il le faut. Les avancées médicales et technologiques aux cours des dernières années ont fait des pas de géants et les hôpitaux ne sont pas tous égaux. N’hésitez jamais à poser vos questions jusqu’à satisfaction ou à demander d’être référé ailleurs. Plus le pronostic est sombre, plus vous devez vous débattre comme un démon dans l’eau bénite. Il en va littéralement de votre vie!!! À titre d’info, juste comme ça… si j’avais baissé les bras, si je n’avais pas frappé aux portes, si je m’étais dit « ben, il doit savoir de quoi il parle, c’est lui le spécialiste après tout», ben, je n’écrirais pas ce billet aujourd’hui…

Troisième constat, et là je patauge dans l’improuvable… mais restez positif, gardez le moral et trouvez votre propre méthode de combattre cet envahisseur. Est-ce que le fait d’être positif et joyeux aide à la guérison du cancer, je ne le sais pas, mais ça aide à passer au travers la vie. Mes méthodes sont l’appropriation, le sarcasme et garder mes yeux d’enfants. Contre toutes les indications de mes spécialistes, intervenants, amis et familles, dès le début, j’ai pris la décision que ce n’était pas un cancer, mais bel et bien Mon Cancer. J’ai poussé l’audace au point de le nommer; c’est Mon Alien. Depuis qu’il est nommé, j’entretiens avec lui un discourt intérieur sur une base régulière. L’image mentale que je me fais de lui pourrait être décrite comme un animal sauvage en cage, et tant que la cage tient bon, j’ai du temps… Mon autre façon d’accepter l’inacceptable est d’en parler, de partager et surtout d’utiliser le sarcasme à chaque occasion qui se présente; lorsque quelqu’un s’offre pour m’aider avec une charge lourde, je lui lance ‘hey, chuis mourant, pas invalide’ vous voyez le genre… Les gens s’y font à la longue. Combattre l’adversité avec dérision et humour (aussi noir soit-il), c’est mon remède.

Je vous laisse avec une dernière petite pensée, un dicton révisé; Vie chaque jour comme si c’était le dernier parce qu’un ce sera vrai… Personnellement, je préfère que mon dernier jour soit le plus loin dans le temps possible. Donc, je dis plutôt; Vie chaque jour comme si c’était ton premier. Cela m’aide à garder une perspective positive. Vivre comme si c’était mon dernier jour demande le rush, le buzz final pour me faire sentir vivant. Ce n’est pas mauvais en soi, mais vivre comme si c’était mon premier jour me permet de garder mes yeux d’enfants, d’être émerveillé par tout ce qui m’entoure, de profiter de chaque seconde de ma vie et d’apprécier chaque expérience, chaque rencontre, chaque musique, chaque promenade dans le parc, chaque personne qui m’entoure… Et au final, rien ne m’empêche, lorsque mon besoin d’adrénaline se fait sentir, de faire un saut en parachute, de rouler à 180kms/hrs en moto ou de faire du rafting sur une rivière déchainée.

En fin de compte, ce qui est important de retenir c’est de faire son possible pour garder le moral, de ne pas accepter le premier diagnostic venu et surtout de profiter de chaque instant un maximum.

Published by Martine - - La question de la mort

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MAEVIE

MAEVIE ou Martine A l' Ecole de la VIE. Ce blog s'adresse aux personnes ayant ou ayant eu un cancer. Je me suis dit qu'il serait dommage de ne pas partager toutes ces infos que j'ai pu recueillir dans le but de mettre toutes les chances de mon côté pour guérir. Ces infos peuvent être utiles aux malades mais aussi pour éviter les récidives, à titre préventif, ou tout simplement pour une meilleure qualité de vie physique et mentale. Je ne dis pas que ces articles sont la vérité: chacun se fera sa propre idée.

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